Pourquoi Bordel ? Parce que c'est une interjection que
poussent les gens énervés. Parce que «Le monde a fait
de moi une putain ; je veux faire du monde un bordel»
(Friedrich Dürrenmatt). Parce que cet ouvrage collectif
milite pour la réouverture des maisons closes. Parce
que les auteurs qui y participent n'ont rien à voir entre
eux, sinon leur âge (la trentaine). Parce que mélanger
tous ces écrivains et leur laisser toute liberté est une
initiative assez bordélique. Parce que Baudelaire a dit
que l'art c'est de la prostitution.
La lecture de Bordel numéro un offre une promenade
vigoureuse et décapante dans les étages de l'écriture
d'aujourd'hui : réalisme trash, satire destroy, pamphlets
nihilistes, poésie désabusée, exhibitionnisme froid, auto-fictions
mythomanes, imagination narcissique...