Peut-on enfin imaginer une «histoire du
roman français» en continuant d'ignorer
que le roman est une affaire européenne, un
combat européen auquel participent dans des
conditions différentes, des époques différentes
et des pays différents, Mme de La Fayette et
Gogol, Cervantès et Balzac ?
François Taillandier
Dédicaces, il est difficile d'y résister, je
l'avoue ; en fait, ce qui m'irrite le plus,
ce sont les citations qui précèdent le texte.
Je ne sais pas trop pourquoi. D'abord, elles
m'irritent ; ensuite, j'essaie de comprendre.
Elles ont l'air d'une thèse que le roman
s'acharnera à incarner, illustrer, méditer.
Ou d'une sagesse immortelle. Ou d'une
autojustification.
Marek Bienczyk
Une forme de snobisme voudrait qu'un écrivain lu par le grand public ne
puisse être que suspect. Les écrivains d'accès facile ne génèrent pas de
postes ni d'avancements pour les professeurs et les critiques littéraires ; c'est
tout le contraire avec les écrivains complexes, mystérieux, anémiés de la réalité,
elliptiques.
Keith Botsford
À travers les noirceurs de la modernité,
Bolger ne se contente pas d'un constat
mais il mène une quête au niveau le plus haut,
dans un engagement non pas politique mais
moral.
Émile-Jean Dumay
Comme les coyotes qui ne
s'aventurent pas dans les
sentiers fréquentés par les
morts, il montre la vie là où
elle est, dans toute sa diversité,
partout acharnée à conquérir
un peu d'éternité.
Claude Fiérobe
Paris prend de plus en plus des allures d'immense nécropole,
mais au moins attend-on des cimetières qu'ils soient paisibles
et silencieux ; tandis que c'est un cimetière retentissant de bruits.
Jean Levi
Comme autrefois Victor Hugo, c'est du coeur du peuple allemand
que Günter Grass crée ses récits sans hiératisme, sans prophétisme,
mais non sans rappeler efficacement chacun (par tous les
moyens) à la culture profonde, sans laquelle aucune véritable vision
du temps ne saurait s'éclairer.
Eryck de Rubercy