Raconter sa vie ? En littérature, c'est un
genre : l'autobiographie. Le mot est récent
et la définition a priori transparente.
Comment néanmoins la différencier
d'avec le journal intime, les souvenirs,
le témoignage, les Mémoires, ou encore
l'autofiction ? En quoi le geste de
Rousseau se distingue-t-il de celui de
saint Augustin ? Comment les romanciers contemporains
ont-ils renouvelé le genre ?
L'auteur de l'autobiographie, à tout le moins, noue un
pacte avec son lecteur et s'engage à se raconter dans
un esprit de vérité. Sa mémoire, pourtant, ne risque-t-elle
pas de le tromper ? Quelle part de celui qui fut est
réinventée par celui qui écrit ? Ne court-on pas le risque
d'être taxé d'impudeur, voire de vanité, en exposant ainsi
son existence ?
Si chaque autobiographie est unique et invente ses
propres règles, toutes cherchent à leur manière à donner
du sens à la vie.