La géographie sociale étudie l'imbrication des rapports sociaux et des rapports spatiaux (rapports des hommes à leur environnement géographique). Elle s'attache donc au territoire, soit à un espace enrichi par le sens que les sociétés lui confèrent; espace sur lequel elles agissent, qu'elles contrôlent, qu'elles construisent. La force des représentations identitaires, la vigueur des enjeux sociopolitiques transforment l'espace en territoire. Le territoire se repère à différentes échelles, de la localité aux aires supranationales. Aujourd'hui, le développement de la vie sociale en réseaux trouble les perceptions du territoire. Du coup, sa réalité vécue tend à se décloisonner; elle s'identifie de plus en plus à de pures représentations. Idéologique et politique, artefact culturel, le territoire enregistre néanmoins les contingences du milieu géographique. Il subit également les effets de l'économie et des techniques propres aux sociétés qui l'aménagent. Vécu tout autant que produit, le territoire traduit enfin le lien primordial de l'Homme et de la Terre. Il reflète le besoin vital d'enracinement que manifeste un individu contemporain très mobile, confronté à l'élargissement de son univers relationnel. Cet ouvrage, qui renouvelle l'approche géographique des sociétés, s'adresse aux étudiants de géographie, d'histoire, d'ethno-anthropologie, de sociologie, de philosophie et de science politique.