Les ménages français sont-ils aussi peu attirés par les actions que le laissent penser certains débats sur le financement des entreprises? Cette question méritait une mise à plat statistique, afin de dépasser les controverses reposant sur des chiffres incomplets ou incertains, en particulier concernant les comparaisons internationales.
Les actions, cotées ou non, détenues directement ou indirectement, se diffusent progressivement au sein des ménages français, en lien notamment avec le développement des produits d'épargne collective (OPCVM, etc.) et de l'épargne en entreprise. Cependant, l'actionnariat reste fortement concentré, de même qu'aux États-Unis: les trois quarts des ménages français ne détiennent pas d'actions et 1% des ménages en détient la moitié. Au niveau global, le poids des actions dans le patrimoine financier de l'ensemble des ménages fluctue avant tout en fonction des cours boursiers. Se situant à 30% en 2001, il place la France dans la moyenne des pays d'Europe continentale et nettement en deçà des pays anglo-saxons, ce qui s'explique par des spécificités structurelles importantes telles que le système des retraites par répartition ou la gestion collective ou publique de certaines activités économiques. En outre, la place du non-coté reste prédominante dans le patrimoine en actions des ménages français.
L'état des lieux statistique proposé dans ce rapport du Commissariat général du Plan constitue une étape importante pour la mesure des actions des ménages français en comparaison internationale, préliminaire indispensable à toute réflexion normative sur la place des actions.