L'organisation de notre appareil de politique étrangère et européenne est l'un des enjeux majeurs de la réforme de l'État. De sa qualité dépendent non seulement notre influence et notre capacité à défendre nos intérêts nationaux, mais aussi notre sécurité et notre présence économique et intellectuelle.
Le rapport réalisé par l'amiral Jacques Lanxade et Nicolas Tenzer est riche de recommandations opérationnelles qui ont fait l'objet d'un large consensus et qui tiennent compte des meilleures pratiques étrangères. Il vise notamment à améliorer la définition de la stratégie de la France et souligne le rôle déterminant de l'information. Il analyse, à tous les niveaux, les structures de coordination et de prise de décision en matière européenne et internationale et propose des pistes concrètes pour les améliorer. Il insiste aussi pour que l'importance du renseignement soit mieux reconnue.
Tout le rapport peut être lu comme un plaidoyer pour que les affaires européennes et internationales obtiennent une place plus grande dans les préoccupations des pouvoirs publics. Il faut désenclaver ces questions et en faire l'horizon normal de la pratique gouvernementale. Enfin, un changement décisif pourra résulter du décloisonnement des différentes administrations entre elles et, plus encore, de la sphère administrative et politique et des milieux académiques et économiques.