Malgré d'importants progrès, la sécurité routière reste un problème majeur et la
France est mal située au niveau international. Le bilan dressé par l'instance
d'évaluation présidée par Michel Ternier montre que le contrôle-sanction n'est
pas adapté à «l'infractionnisme» de masse qui caractérise les conducteurs français.
Il conduit à s'interroger sur son efficacité et sur l'application des sanctions,
compromise par les indulgences. C'est pourquoi le rapport invite à accroître les
contrôles et à sanctionner effectivement les infractions pour changer les comportements.
Ceci passe d'abord par l'automatisation du contrôle de la vitesse et
de la perception des amendes, avec à cet effet la création d'une structure dédiée ;
ensuite par la formation de forces spécialisées consacrant dans chaque département
la totalité de leur temps à la sécurité routière. Le rapport propose enfin de
sensibiliser les usagers par d'importants efforts de communication et de traduire la
loi en objectifs mesurables pour assurer un suivi local et national de la politique.
La sécurité routière a été retenue par le président de la République comme l'un
des trois grands chantiers du quinquennat. Compte tenu de ce contexte particulier,
les travaux de l'instance ont été adaptés pour tenir compte du calendrier des
décisions politiques. Ainsi, avant même la publication du rapport, certaines des
propositions formulées ont déjà été retenues par le comité interministériel de
sécurité routière de décembre 2002 et la loi du 13 juin 2003 renforçant la lutte
contre la violence routière.