Les seniors souffrent de handicaps lourds en matière d'emploi et de
formation continue ; un chômeur quinquagénaire a cinq fois moins
de chances qu'un chômeur de moins de 25 ans de trouver un emploi.
Deux ans après la réforme des retraites, l'IGAS a choisi de mettre
l'accent sur la gestion des âges dans le champ de l'emploi. Parmi les
questions que le vieillissement de la population adresse aux politiques
sociales, les plus décisives sont sans doute celles du maintien de notre
force de travail et de l'évolution du rapport entre actifs et inactifs.
L'IGAS relève des pratiques intéressantes en matière d'observation, de
gestion prévisionnelle des compétences ou de validation des acquis,
dans les quatre secteurs où elle a réalisé des enquêtes spécifiques
(bâtiment, banques, aéronautique, emplois sanitaires et sociaux). Une
prise de conscience s'amorce, mais la gestion des âges n'est pas encore
au coeur de la négociation collective et il reste beaucoup de chemin
pour passer de l'étude à l'action.
Quelles perspectives pour l'action publique ? L'État a donné un coup
d'arrêt aux retraits anticipés du marché du travail. Mais les politiques
publiques restent compartimentées et peu incitatives. Essayant de
tirer quelques leçons des expériences européennes qu'elle a analysées
de façon plus approfondie en Grande-Bretagne, en Allemagne, en
Suède et en Belgique, l'IGAS suggère une démarche globale et appelle
à une mobilisation de tout le corps social.