Oppositions aux aménagements routiers, ferroviaires ou aéroportuaires,
réactions à la pollution des eaux et de l'air par les activités de production ou
d'élimination des déchets, antagonismes liés aux projets de protection
(«Natura 2000», préservation du loup et de l'ours), rivalités entre adeptes des
activités de loisirs : les sources de conflits d'usage sont nombreuses dans les
espaces ruraux et périurbains. Leur généralisation peut freiner l'activité économique
mais aussi la préservation des ressources des espaces ruraux.
Inversement, le traitement de ces conflits offre l'opportunité d'instaurer de
nouvelles formes de gestion du territoire dans une vision à long terme. Ces
conflits, dans lesquels l'État apparaît à la fois comme arbitre et comme acteur
mis en cause pour des opérations d'aménagement ou de protection sous sa
responsabilité, posent la question de fond des formes de participation démocratique
utilisées pour régler la concurrence entre usages. La présente publication,
conduite par Marc Guérin avec l'appui du groupe de projet Manon mis en
place par Alain Etchegoyen, commissaire au Plan, est destinée à un vaste public
d'élus, de gestionnaires, de citoyens préoccupés par l'évolution des territoires
ruraux et périurbains. Elle propose un diagnostic sur les nombreux dispositifs de
concertation actuellement utilisés et sur le rôle fondamental que joue l'expertise
dans ces conflits. Cet ouvrage prend position en définissant de façon précise la
notion de concertation, souligne son importance mais récuse, de manière argumentée,
l'idée de codécision. Il montre qu'à l'horizon de quinze ans, plusieurs
modes dominants de résolution des conflits d'usage peuvent s'imposer et analyse
leurs possibles conséquences positives comme négatives. Trois scénarios
d'évolution sont ainsi décrits pour éclairer le décideur public sur les incidences
de ses choix en faveur de l'une ou de l'autre de ces options. De nombreuses
propositions pour améliorer la gestion des conflits et clarifier le rôle de l'État
sont ensuite formulées.