Le vieillissement de la population observé en Europe a deux causes : la baisse
du taux de fécondité et la hausse de l'espérance de vie. Le renouvellement des
générations n'est plus assuré et il y a de moins en moins de jeunes pour payer la
retraite des anciens, de plus en plus nombreux. La France est moins touchée par
ce phénomène que ses partenaires européens, mais elle n'est pas épargnée.
Michel Godet et Évelyne Sullerot considèrent que c'est le développement
durable de nos sociétés qui est en danger. Ils plaident en conséquence pour un
renforcement de la politique familiale. La famille doit être mieux soutenue car
c'est une institution efficace comme lieu d'investissement en capital humain et
social. Il s'agit en outre, dans un souci d'équité, d'atténuer le phénomène de
paupérisation des familles, et notamment des familles nombreuses.
Les auteurs soulignent que la collectivité ne compense pas le coût des enfants.
Ils proposent en conséquence des mesures fiscales de soutien au revenu, dont
la familialisation de la CSG. Des dispositifs permettant une meilleure conciliation
des vies professionnelle et familiale et une politique d'immigration choisie
doublée d'une politique d'intégration volontariste font également partie du
menu des recommandations.
Le rapport de Michel Godet et Évelyne Sullerot est accompagné de commentaires
critiques d'Antoine d'Autume et de Jean-Michel Charpin, ainsi que de compléments
apportant des éclairages spécifiques sur certains aspects de la question.