L'année 2005 était caractérisée par une diminution globale importante
des actes à caractère raciste et antisémite portés à la connaissance
des autorités. Paradoxalement, cette baisse de la violence s'accompagnait
d'une augmentation inquiétante du pourcentage de personnes
qui s'avouaient racistes, d'une radicalisation des opinions hostiles
aux étrangers et d'un essoufflement dans la mobilisation contre le
racisme, l'antisémitisme et la xénophobie.
Le bilan de l'année 2006 en termes de racisme, de xénophobie et
d'antisémitisme est lui plus nuancé. On constate ainsi la poursuite
de la baisse globale des chiffres du racisme, de la xénophobie et de
l'antisémitisme en France ; mais l'examen attentif des données statistiques
nous rappelle que le combat est loin d'être gagné, en particulier
en matière d'antisémitisme. Par ailleurs, on remarque que dans un
contexte toujours marqué par de fortes préoccupations économiques
et sociales, les immigrés et les étrangers restent souvent stigmatisés :
malgré une légère décrispation des attitudes à l'égard de l'Autre, on
note toujours une certaine dénonciation des immigrés, soupçonnés
de ne pas vouloir réellement s'intégrer à la société française.
La Commission nationale consultative des droits de l'homme relève
que, malgré les efforts particuliers déployés, il reste encore beaucoup
de chemin à parcourir ; elle invite donc les pouvoirs publics à poursuivre
les efforts entamés, à renforcer les mesures de lutte et surtout
à développer les actions de prévention. Elle recommande à ce titre
l'affichage d'une volonté politique forte et ciblée et rappelle que la
lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme doit faire
l'objet d'une politique spécifique et concertée.