Alors que l'année 2004 avait été marquée par une augmentation
considérable des actes racistes et antisémites, les années qui ont suivi
se caractérisaient par une diminution régulière des actes à caractère
raciste et antisémite portés à la connaissance des autorités. L'année
2007 semble confirmer ce renversement de tendance amorcé en 2005 :
on note ainsi une nette diminution de la violence raciste et antisémite.
Le sondage d'opinion de la CNCDH sur les comportements à l'égard
du racisme, de la xénophobie et de l'antisémitisme confirme lui aussi
une certaine décrispation à l'égard des étrangers ou des personnes
d'origine étrangère.
Si le bilan de l'année 2007 en termes de racisme et d'antisémitisme
s'améliore, il ne faudrait pas que la prise de conscience collective et
la forte mobilisation des dernières années s'essoufflent. L'examen
attentif des données statistiques nous rappelle que le combat est loin
d'être gagné. En effet, on remarque que dans un contexte toujours
marqué par de fortes préoccupations économiques et sociales, les
immigrés et les étrangers restent souvent stigmatisés : malgré une
légère décrispation des attitudes à l'égard de l'autre, on note toujours
une certaine dénonciation des immigrés, soupçonnés de ne pas vouloir
réellement s'intégrer à la société française.
La Commission nationale consultative des droits de l'homme relève que,
malgré les efforts particuliers déployés, il reste encore beaucoup de
chemin à parcourir. Si les autorités font preuve d'un réel engagement
dans la lutte contre le racisme, les actions semblent trop dispersées
et sans véritable lisibilité. La CNCDH recommande donc l'affichage
d'une volonté politique forte et ciblée et rappelle que la lutte contre
le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme doit faire l'objet d'une
politique spécifique et concertée.