La santé mentale figure aujourd'hui parmi les préoccupations majeures des politiques de
santé publique. En France, le Plan Psychiatrie et Santé mentale 2005-2008 (PPSM) a
poursuivi l'objectif de «donner à la psychiatrie un nouveau souffle au service des usagers et des
acteurs». Il insiste sur la nécessaire continuité entre les prises en charge sanitaire, médico-sociale,
et sociale des personnes présentant des troubles psychiatriques. Il est articulé autour
de cinq axes, comprenant 210 mesures.
Compte tenu de l'intérêt et la sensibilité du sujet, le Haut Conseil de la santé publique
(HCSP) s'est engagé dans une évaluation du plan en lien avec la Cour des comptes, dans
une démarche de complémentarité et de mutualisation des approches. Le rapport élaboré
par un comité d'évaluation entre septembre 2010 et octobre 2011 présente les résultats d'un
travail fondé sur une analyse documentaire et des auditions. Deux études ont aussi été
menées : l'une auprès de professionnels et d'usagers des services sanitaires, sociaux et médicosociaux
et l'autre sur l'impact des investissements. Enfin une conférence évaluative avec les
parties prenantes du plan réunies à mi-parcours a permis de confronter les informations et
les analyses. Le rapport fait un état des lieux des réalisations, approfondit, pour huit
thématiques ciblées, les résultats et le degré d'atteinte des objectifs ainsi que leur impact.
La conception du plan apparait comme pertinente. La plupart des mesures prévues ont été
mises en oeuvre, au moins partiellement. Si des progrès significatifs ont été enregistrés en
matière d'offre de soins, le plan a peu fait évoluer les organisations et les pratiques de soins.
En matière d'accompagnement médico-social et social des progrès sont notables, largement
expliqués par la publication de la loi de février 2005 sur le handicap. Le bilan est décevant
pour les mesures de prévention concernant les enfants et les adolescents. Des avancées ont
eu lieu dans le renforcement des droits des malades mais avec peu d'effets concrets. Enfin,
l'effet d'impulsion sur la recherche est resté très limité particulièrement dans le domaine des
sciences sociales malgré les enjeux.
Le HCSP propose des pistes de préconisations : assurer la continuité des prises en charge et
l'accès aux soins, favoriser la prévention précoce, mieux intégrer la santé mentale dans la
cité, améliorer la connaissance des besoins et des pratiques. Il rappelle l'importance d'une
politique publique de psychiatrie et de santé mentale.