L'Europe sociale, qui désigne l'ensemble des interventions de l'Union européenne
en matière sociale, s'articule depuis le milieu des années 1980 autour de
trois axes : l'équilibre entre intégration économique et protection sociale, l'horizon
d'un modèle social unique et la reconnaissance du rôle des partenaires
sociaux européens. Que ce soit en matière de santé et de sécurité au travail, de
temps de travail, d'égalité hommes-femmes et de lutte contre les discriminations,
l'acquis communautaire dans ce domaine est bien réel et il exerce une
emprise croissante sur les systèmes nationaux de protection sociale.
Cependant, depuis les années 2000, les équilibres politiques au sein de l'Union
européenne ont évolué au détriment de la convergence sociale, la culture du dialogue
social s'est dissipée et l'idée d'un modèle unique est aujourd'hui contestée.
Dans ce contexte, le juge de l'Union semble devenu le principal moteur de
l'Europe sociale à travers la reconnaissance de droits nouveaux au profit des
salariés et des citoyens européens.
Comment consolider cet acquis communautaire dans une Union élargie fragilisée
par les crises ? C'est à cette question de fond que cet ouvrage répond,
après avoir abordé tour à tour les principaux apports de l'Europe sociale dans
les domaines du travail, de la protection sociale et dans ses nouveaux champs
d'intervention (pauvreté, handicap, égalité hommes-femmes). Et si l'Europe
sociale parvenait finalement à se relancer en s'imposant comme la juste contrepartie
au renforcement de la gouvernance économique de l'Union européenne ?