L'hôpital est une institution singulière. Son origine est très ancienne : des traces de
l'existence d'un tel lieu se retrouvent dans l'Antiquité. Chacun le fréquente plusieurs fois
dans sa vie, à des moments heureux ou difficiles, mais toujours intenses. Il concentre
nombre de questions fondamentales pour chacun sur la vie, la mort, le vieillissement,
la souffrance... Elles sont aussi fondamentales pour la société, sa solidarité envers
ceux qui sont en difficulté en particulier.
L'hôpital est également un acteur économique majeur par l'importance de ses effectifs,
de la recherche qui y est conduite, des innovations médicales et des investissements
qui y sont réalisés, ainsi que par le caractère attractif qu'il confère à notre pays.
Pourtant, l'hôpital serait en crise. Crise financière d'abord, les hôpitaux en déficit étant
encore nombreux. Crise des personnels ensuite, face aux difficultés de recrutement ou
au stress au travail. Crise concernant le propre coeur d'activité des établissements de
santé, le soin, au regard d'accidents sanitaires majeurs survenus ces dernières années.
Face aux diagnostics alarmistes, l'IGAS a jugé utile d'interroger évidences et idées
reçues, pour mieux comprendre la situation de cette institution, dans toute sa complexité.
Elle se fonde sur les missions réalisées ces quatre dernières années, dans ce
champ, à la demande des ministres ou dans le cadre de son programme d'activité.
Ce rapport est présenté sous forme de questions thématiques, correspondant aux
sujets fréquemment débattus : qualité et sécurité des soins, gouvernance, place de
l'usager, financement, organisation du système de soins sur le territoire...
Il montre la mutation profonde que connaît l'hôpital, les succès enregistrés et le
chemin qui reste à parcourir. L'évolution rapide et considérable de la médecine, des
besoins de la population et des professionnels de l'hôpital, de la place prise par
l'usager expliquent cette mutation qui bouleverse les habitudes mais qui permettra
à l'hôpital de continuer à tenir sa place dans notre système de soins et, plus largement,
dans notre construction collective nationale.