La Cour des comptes publie en 2003 un rapport public particulier intitulé
«La protection judiciaire de la jeunesse».
Chargée d'exécuter les décisions des juges des enfants concernant les mineurs
délinquants, les mineurs en danger et les jeunes majeurs, la direction de la
protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) est, avec celles des services judiciaires et
de l'administration pénitentiaire, l'une des trois grandes directions opérationnelles
du ministère de la justice.
Cette direction de taille moyenne a bénéficié au cours des années récentes d'une
augmentation exceptionnelle des moyens mis à sa disposition. Aussi, la Cour
a-t-elle cherché à évaluer la pertinence de l'organisation administrative de la
direction de la PJJ, à analyser le fonctionnement des établissements du secteur
public de la PJJ et à examiner les moyens mis en oeuvre pour assurer la tutelle du
secteur privé.
La Cour constate que la protection judiciaire de la jeunesse reste largement sous-administrée,
ce qui suppose une remise en cause de son organisation, de ses
procédures et de ses méthodes. Elle suggère également d'éliminer les facteurs de
rigidité dans la gestion des personnels, afin de permettre une adaptation des
moyens aux besoins. Enfin, elle préconise d'améliorer le contrôle des services de
l'Etat et du secteur privé et d'organiser une évaluation d'ensemble des mesures
d'intervention de la PJJ.
Plus globalement, la Cour souligne la nécessité pour l'Etat de préciser le cadre
juridique et l'environnement dans lequel s'insère la politique de la protection
judiciaire de la jeunesse, cette mission supposant un engagement de l'ensemble du
ministère de la justice. Elle propose également de clarifier les relations juridiques
et financières entre l'Etat et les départements, celles-ci lui étant apparues peu
satisfaisantes.