La notion de transparence, nouvelle venue dans le monde du droit, y prend désormais une
place prépondérante, manifestant l'exigence persistante des opinions publiques en faveur
d'une clarté toujours plus grande dans la gestion des affaires politiques, sociales, militaires,
industrielles, financières ou économiques. Utopique dans certains de ses aspects, force est de
constater que la transparence a accompagné la démocratisation de toutes les sociétés. Mais
doit-elle imposer la levée de tout filtre et la divulgation de toute information ?
Le rapport du Service central de prévention de la corruption s'attache cette année à décrire
le dernier bastion de résistance à la transparence : le secret. Cette opacité, admise de longue
date et juridiquement protégée, est souvent légitime mais parfois suspecte, voire coupable.
Partant de considérations philosophiques, des suggestions pragmatiques sont faites pour
garantir et aménager le statut du secret professionnel.
Le blanchiment, en ce qu'il efface toute preuve de l'origine frauduleuse des capitaux, plonge
ses racines dans l'opacité et le respect d'un secret - même fondé et protégé - et peut faciliter
la réalisation de l'infraction et entraver sa découverte. Après avoir mis en évidence les liens
unissant blanchiment et corruption, le SCPC s'est attaché à étudier différentes facettes de
cette forme d'intelligence économique dévoyée (économie souterraine, sport, marché des
matières premières).
A la suite du chapitre consacré dans son dernier rapport aux dérives du monde associatif,
le service met en exergue quelques bonnes pratiques susceptibles d'être encouragées et
généralisées sur la base de grilles de contrôle élaborées à cette occasion.
Après deux thèmes d'actualité consacrés l'un à la pratique anglo-saxonne du whistleblowing
et l'autre à la prévention de la fraude depuis les récents scandales qui ont ébranlé le monde
de la finance internationale, le SCPC poursuit son étude comparée de divers systèmes
et institutions de lutte contre la corruption (Botswana, Brésil, Corée du Sud, Finlande,
Roumanie).
Enfin, selon un principe désormais établi et dans le but de faire réfléchir à la place de la
corruption dans notre société, tout autant que de donner des outils pour la prévenir et la
combattre, le service explique, par des fiches techniques simples et pédagogiques à l'usage
de tous, les infractions de blanchiment et de concussion et fait le point sur le nouveau code
des marchés publics.