La question des prisonniers de guerre est indissociable de l'histoire des conflits armés,
mais elle se pose aujourd'hui avec une acuité nouvelle. Dans les conflits asymétriques
et les opérations extérieures contemporaines, le statut des combattants, comme celui
des prisonniers, ne relève plus des conventions qui, auparavant, régissaient le statut
et le traitement des soldats pris sous l'uniforme. Dans le cadre des travaux pilotés par
l'état-major des armées sur les personnes capturées en opération, le Service historique
de la Défense a ainsi organisé une journée d'études en 2007, destinée à éclairer cette
réflexion par une approche historique.
Rassemblées dans cet ouvrage, les actes de cette journée envisagent la question à travers
un large spectre chronologique et géographique, depuis les guerres du Premier Empire
jusqu'aux guerres de décolonisation. Une première partie évoque le cadre et le statut du
prisonnier du point de vue du droit et de l'éthique, comme autant d'enjeux collectifs
et individuels. Les contributions suivantes sont consacrées au questionnement qu'ont
représenté pour l'autorité militaire les nouvelles formes de conflit ou de méthodes
de combat. À la lumière de ces contributions, les schémas du droit humanitaire
traditionnel apparaissent en permanence dépassés, tandis que les questions d'éthique
s'avèrent peu à peu centrales dans l'engagement militaire contemporain.