L'école, certes, pour préparer les jeunes à leur avenir ; mais c'est ce qui accapare 15 à 20 années de la jeunesse. Comment justifier l'école si cette longue durée n'est pas illuminée par des joies proportionnelles aux efforts et aux obligations, joies spécifiques : être en dialogue avec les plus grandes réussites et les tâches primordiales. Tranformer l'école, c'est en premier lieu transformer la culture inculquée par l'école - et c'est de là que viendra une transformation réelle des méthodes. Contenus culturels rénovés, tendus vers la joie : découvrir qu'il y a tout de même plus de joie à vivre l'amour dans le style des grands poèmes que sur le mode banal : plus de possibilités d'apercevoir le progrès de l'humanité - et d'y participer - à partir des analyses culturelles qu'en se laissant bercer par les refrains ambiants. Une telle école de joie culturelle est institution nécessaire : c'est le lieu où s'opère une rupture avec les styles de vie et de pensée habituels. Et aussi institution possible car le propre d'une culture progressiste est de créer continuité entre les visées des masses (donc aussi des masses de jeunes) et les réalisations essentielles.