Scandales, malversations, bilans manipulés... A l'heure où
les marchés financiers traversent une grave crise de confiance,
il est tentant de se tourner vers la théorie financière
pour tenter de dépassionner les débats et trouver des points
de repères stables. Cette discipline, née dans sa forme moderne
au début des années 1950, repose sur une axiomatique
formalisée et s'enorgueillit d'avoir élaboré, au cours
des décennies, un ensemble d'instruments permettant
de traiter, de manière opératoire, beaucoup des problèmes
complexes, qui se posent en pratique sur les marchés financiers
ou dans les entreprises en charge de définir leur politique
financière. Mais voilà que pour la première fois de son histoire,
certains accusent la théorie de marquer le pas. Ses silences
sur les crises financières, la validité de ses principes fondateurs
(maximisation de la richesse des actionnaires, individualisme,
rationalité des marchés financiers...), ou certains
de ses résultats donnent lieu à des controverses qui, loin
d'opposer seulement les théoriciens entre eux, divisent
la communauté financière et se répandent à l'occasion au sein
de la société civile.
Il ne s'agit pas dans cet ouvrage de traiter de tous les heurs
et malheurs de la finance, mais de profiter des débats actuels
pour réfléchir sur la théorie financière, sa place réelle,
son influence sur les pratiques, son statut scientifique. Que dit
la théorie ? A qui et à quoi sert-elle ? Quelle est sa nature
véritable ? Quelles sont la valeur et la portée des solutions
qu'elle propose ? Quels sont ses postulats, ses réussites
et ses limites ? Ce sont ces questions, assez peu traitées
en général, que cet ouvrage se propose d'aborder. Il s'adresse
aux étudiants, aux professionnels et aux chercheurs,
aux contributeurs comme aux utilisateurs de la théorie
financière. Chacun devrait, en fonction de ses préoccupations
propres, y trouver matière à réflexion.