Héros improbable de l'art américain postmoderne, Mao
est au coeur d'entreprises littéraires, plastiques et musicales
singulières, que l'on doit à des artistes aussi divers que le
compositeur John Adams, la poétesse et librettiste Alice
Goodman, le romancier Frederic Tuten et, bien sûr, Andy
Warhol. Pourquoi ces artistes américains éprouvent-ils le
besoin de puiser dans l'histoire chinoise ? La Chine révolutionnaire
est-elle cet «ailleurs» qui permet d'envisager à
nouveaux frais les rapports entre l'art et la politique ?
Le mouvement qui les conduit à puiser dans cette «autre»
histoire se trouve étroitement corrélé à une dynamique de
décomposition des cadres esthétiques et de déconstruction
d'objets préconstruits tels que l'identité nationale ou
l'identité générique (gender). Avec ces avatars de la figure de
Mao au pays du grand Sam naît une démarche qui exhibe la
nature foncièrement collaborative de l'activité artistique.