La crainte d'une «épidémie d'obésité» fait régulièrement la une
des journaux et apparaît aujourd'hui comme un enjeu majeur de santé
publique. Dans ce contexte, surveiller son poids constitue plus que
jamais un impératif pour qui veut garder la forme et ne pas grossir.
La corpulence fait ainsi l'objet d'une attention permanente et
de multiples stratégies visant à se rapprocher d'un idéal, le corps
désirable, incarnation de contraintes sociales et morales qui font de
chacun de nous le responsable de son poids. La dictature de la minceur,
cependant, ne touche pas chacun de la même manière et les différences
entre hommes et femmes et entre milieux sociaux sont considérables.
Guidée par la volonté de déconstruire une réalité qui, en apparence,
est familière, cette étude porte un regard neuf sur les inégalités
de corpulence. Elle montre, en adoptant une approche à la fois
pluridisciplinaire, temporelle et spatiale, combien les phénomènes
en jeu dans la corpulence diffèrent selon le sexe des individus.
Ancrant l'analyse des comportements dans une perspective historique,
elle confronte la situation française à celle des autres pays européens,
apportant la preuve que la dictature de la minceur n'est pas aussi
rigoureuse pour chacun-e d'entre nous. Prenant appui avec clarté
et pédagogie sur un vaste matériel empirique, cet ouvrage constitue
aujourd'hui une référence incontournable pour qui veut comprendre
les inégalités de corpulence et le rôle joué par le genre dans
ces phénomènes.