Comment donner une vue d'ensemble de la littérature
du XXe siècle, encore si proche de nous ? L'auteur propose
ici une synthèse sous une forme équilibrée, aussi attentive
aux écrivains de la «Belle Époque» qu'à la production la
plus contemporaine. Sans les illusions déformantes d'une
interprétation «moderniste» ou «traditionaliste», l'histoire
de la littérature du XXe siècle qu'il dessine n'est pas plus celle
d'un progrès que celle d'une décadence.
C'est plutôt une histoire de mutations, qui se déploie en
quatre périodes : le temps des recherches (1900-1930), le
temps des engagements (1930-1955), le temps de l'écriture
(1955-1980) et le temps des doutes (1980-2010). Mais d'un
bout à l'autre du siècle, c'est l'idée même de littérature qui
semble être en question. L'unité du XXe siècle réside peut-être
alors dans cette réflexivité de la littérature, qui s'interroge sur
sa responsabilité (depuis l'Affaire Dreyfus, et à l'épreuve des
deux guerres mondiales) et sur sa spécificité (dès lors que la
représentation réaliste et le vers régulier ne font plus la loi).