Le Maghreb et le Moyen-Orient vivent depuis plusieurs mois une situation historique. Ces régions,
qui nous étaient fréquemment présentées comme le trou noir des processus de démocratisation ayant
touché la plupart des grandes aires géopolitiques depuis la chute du mur de Berlin, tant elles semblaient
effectivement résister aux évolutions démocratiques, sont en train de démontrer qu'il n'existe
aucune raison, culturelle, politique ou sociale, pour qu'elles restent en dehors de ce processus général
d'émancipation.
Toutefois le profond mouvement qui traverse le Moyen-Orient et le Maghreb n'est pas et ne sera pas
linéaire, les processus à venir sont complexes et se déclinent État par État, même si l'arrière-plan et
les ingrédients qui alimentent la contestation sont similaires. Mais désormais rien ne sera plus comme
avant : la peur est tombée et nous assistons à une formidable prise de conscience et de confiance.
Nous avons en outre une nouvelle illustration des nouveaux paradigmes qui structurent désormais les
relations internationales : les puissances occidentales ne peuvent plus organiser le monde selon leurs
exigences. Tous les peuples du monde sont politiquement actifs et ceux du Moyen-Orient et du
Maghreb ont clairement indiqué que les valeurs universelles de liberté et d'égalité étaient aussi les leurs.