Les nouveaux et nombreux défis de la constellation
«postnationale» rendent plus actuelle que jamais
une ancienne idée philosophique : le cosmopolitisme.
Dans ses variantes modernes, celui-ci pose
l'autonomie de l'individu humain comme norme
fondamentale de toute construction politique.
Le cosmopolitisme représente donc une alternative
aussi bien au nationalisme qu'à la théorie normative
d'un monde multipolaire de confrontations entre
empires.
L'ouvrage montre que le cosmopolitisme peut être
considéré comme une conséquence des principes
de la philosophie politique moderne. Définissant
les bases normatives de l'État-nation démocratique,
elle comprend ce dernier comme une réalisation
temporaire des principes cosmopolitiques et
la nation comme une entité politique qui doit,
graduellement, être intégrée dans une construction
intergouvernementale et cosmopolitique.
L'étude s'achève sur un aperçu du cosmopolitisme
dans la philosophie politique actuelle. L'auteur
propose un cosmopolitisme processuel qui défende
une intégration graduelle, progressive et
pragmatique vers la sécularisation du droit et
de l'autonomie de l'individu par l'interconnexion
d'institutions nationales, intergouvernementales
et supranationales. La cité des peuples n'est donc
pas l'anticipation normative d'un État mondial, mais
la volonté d'un processus d'intégration différenciée
entre les peuples démocratiquement constitués.