Du diagnostic médical à la connaissance ultime
de soi, tout commence par une rencontre et tout
s'achève par une rencontre. Qu'est-ce qui fait
qu'une rencontre peut revêtir une importance décisive
dans l'aventure spirituelle de la guérison ?
Cela tient à ce que la vie, dans son essence, est de
nature relationnelle : elle se déploie sur le mode de
la relation et se parfait dans une conscience de plus
en plus affinée de la relation. L'expérience initiale
de la rencontre nous rappelle que nous ne guérissons
pas «seuls», pas plus que nous ne pouvons,
dans l'isolement de nous-mêmes, accéder aux
forces vives du «désir» fondamental qui caractérise
notre vouloir vivre. Une recherche préalable
du «sens de la maladie» avait, dans un précédent
volume, mis en évidence le rôle initiatique d'une
épreuve de maladie par laquelle le corps de
l'homme peut rappeler à ce dernier la réalité première
et ultime de son esprit. Si, sur ce chemin de
«connaissance de soi», l'homme peut découvrir
que son corps est esprit, à travers l'effet pathogène
de toutes les pensées profondes de division qui
l'aliènent de lui-même, à plus forte raison
l'homme peut-il progresser sur une voie de guérison
en découvrant la proximité de l'autre, dans
cette connaissance qu'il acquiert de son propre
esprit. Dans toute véritable rencontre, l'aventure de
la vie épouse de plus en plus consciemment
l'aventure de l'esprit, tant dans l'histoire singulière
que collective des hommes : l'enjeu et le creuset en
sont la liberté. C'est par ce laborieux apprentissage
que la vie s'éveille progressivement à la conscience
«personnelle» d'elle-même.