Les injustices intolérables engendrées par le fonctionnement
du système économique dominant représentent
des violations caractérisées des droits de l'homme
et elles sont clairement le résultat de décisions
humaines. Les responsables existent : ils doivent être
recherchés, nommés, jugés et condamnés s'ils sont
reconnus coupables. Des exemples de lutte contre l'impunité
des auteurs de crimes économiques prouvent
que cela est possible et que le combat mérite d'être
mené.
Apparemment simples sur le plan éthique, ces questions
sont très complexes sur le plan pratique. L'auteur
- qui avait écrit un ouvrage précédent sur la lutte
contre l'impunité des crimes de nature politique -,
dans une perspective pédagogique et avec une très
grande maîtrise du sujet, nous offre un ouvrage passionnant
et très facile à lire. Après avoir «planté le
décor» en rappelant quelques-unes de ces réalités
intolérables qui ne doivent rien à la fatalité, elle
montre que l'approche des injustices économiques
par les droits de l'homme, les nouvelles perspectives
encore peu prises en compte concernant les droits
économiques sociaux et culturels permettent d'aborder
aujourd'hui de manière nouvelle la question de la responsabilité
et celle de la lutte contre l'impunité des
auteurs de violations graves des droits économiques et
sociaux.
Un ouvrage très stimulant en temps de crise économique
et, d'une certaine manière, assez réconfortant.
Très engagée, avec son époux André Jacques, aujourd'hui
décédé, dans la lutte pour le respect des
droits de l'homme, Geneviève Jacques a été secrétaire
générale de la CIMADE et directrice de programmes au
Conseil oecuménique des Églises.