«Dans l'infinie complexité des éléments, des relations,
des essences et des événements, la grandeur est si grande
que même ce qui est petit est immense, que même ce
qui est immense est petit, et qu'il ne reste finalement ni
échelle, ni degré, ni taille, ni différence, ni similitude, mais
seulement l'étendue sans fin d'un miracle permanent où
rien n'a de nom, de forme ou de reflet, sinon l'espace
sublime d'un univers magnifique, l'abysse insondable
d'une folie merveilleuse» (Antoine Suau).
Après Le Coeur du Coeur, où le jeune Antoine Suau avait
consigné son expérience mystique forte au travers d'essais,
de pensées et de poèmes (Éd. du Cerf, 2008), cet ouvrage
contient trois textes assez différents : «La Doctrine du
Vide» a été écrite dans la solitude et le recueillement à un
moment où l'auteur se trouvait devant un vide existentiel
; il comprit que ce vide était sa plus grande chance,
puisqu'il permettait de faire une expérience de l'absolu qui
pouvait le mettre en communion, au-delà des frontières
du christianisme, avec les mystiques de toutes religions et
spiritualités ; «Les Nuits de l'extase» et «Voyage aux
limites du désir» sont le résultat d'une année entière de
vie, de grâces reçues et de méditations. Ces textes sont
d'une certaine manière plus humains, plus tournés vers
la dimension sociale du monde et vers l'histoire. Ils sont
aussi plus personnels : on y trouve l'expression de l'intimité
de l'auteur avec Jésus en même temps que le désir de
combattre contre toutes les formes d'horreur, de corruption,
de mensonge des puissants, ainsi que contre l'aveuglement
des institutions religieuses.
Le livre original et surprenant d'un jeune homme touché
par le paradoxe du mystère ineffable de lumière et de
beauté, recouvert par les cendres et les débris d'une humanité
meurtrie par la convoitise, la violence et le mensonge.