Pourquoi Salomé est-elle encore connue aujourd'hui
alors que son prénom n'apparaît pas dans le Nouveau
Testament ? Est-ce seulement parce qu'à son évocation
on se prend à imaginer une danseuse sulfureuse jouant
les effeuilleuses ? On pourrait effectivement s'arrêter à
cette simple manifestation d'un fantasme reclus dans un
imaginaire plus ou moins enfoui dans l'inconscient de
chacun, pourtant, la survivance du souvenir de la jeune
danseuse n'est pas fortuite.
Depuis deux mille ans, écrivains, musiciens, peintres
et autres sculpteurs ont trouvé dans l'histoire de ce
personnage anonyme, responsable de la décollation de
Jean-Baptiste, une véritable source d'inspiration. Cette
femme, instrumentalisée par sa mère, au destin qui semblait
tout tracé, est devenue, dès l'Antiquité tardive, une véritable
figure «médiatique», et surtout une figure emblématique
pour dire «la femme».