En rentrant chez lui un soir, Marc Chalgrin trouve son appartement
désert. Liv, sa femme, a disparu. Inexplicablement. L'a-t-elle
quitté ? Lui est-il arrivé malheur ? Les jours passent. Liv
ne revient pas. Dans les pièces gagnées par l'obscurité, Marc
dérive. Il s'isole, abandonne son travail. L'absence résonne en
lui jusqu'au vertige. Il soupçonne son meilleur ami. Frôle une
passante dont la silhouette, si proche de celle sa femme, le
trouble. Scrute les petites annonces, comme si elles recelaient
de mystérieux signaux : Paris devient un jeu de fausses pistes,
une ville tout entière hantée par la disparue.
Pour se convaincre qu'il n'a pas rêvé sa femme, Marc ressuscite
ses plus chers souvenirs, mais Liv s'y dilue peu à peu. Le doute
s'installe et cet envoûtement par le vide nous gagne par petites
touches, dans un crescendo virtuose... jusqu'au dérèglement
final. Dans une langue très inventive, Notre nuit tombée nous
parle de cette sourde proximité entre la folie et le visage le plus
quotidien de l'amour.