Peintre de modeste renom pour avoir eu la faiblesse (ou le courage ?) de se compromettre avec notre siècle mercantile, Théodore Nèfle s'est suicidé. Pourquoi cette mort ? se demande son meilleur ami qui entreprend de nous conter cette existence méconnue, de l'enfance helvétique aux années folles de Paris. Or, que savons-nous d'un ami, fût-ce le plus intime ? Ou des rapports que l'artiste entretient avec son époque - notre époque si troublée ? Le biographe doit inventer et c'est pourquoi cette vie ne sera jamais que supposée. Il s'en dégage cependant ceci : le constat de décès de la peinture d'aujourd'hui et l'histoire d'une amitié, car Théodore Nèfle et son mémorialiste constituent peut-être les deux aspects contradictoires d'une seule et unique personne. Réquisitoire sarcastique contre nos moeurs culturelles, ce roman est aussi l'itinéraire initiatique d'un voyage toujours repris vers des horizons qui leurrent, avec la bonne foi pour viatique.