«Moi, Paul Zu, je fais partie des derniers des cons. Quelques Serbo-Croates me tiennent compagnie dans ce sous-groupe chaleureux. Quand un touriste égaré me demande son chemin, je ressens un sentiment de supériorité ; je suis d'ici, je connais. Quand je suis à l'étranger et que je demande ma route, le même sentiment de supériorité m'habite ; je ne suis pas d'ici, j'ai eu le courage de partir ; Rimbaud est mon cousin. Je ne suis pas un pauvre con mais un riche con. Un riche con qui dirait aux pauvres qu'ils sont plus heureux que lui d'avoir la chance de vivre des journées structurées par des besoins élémentaires, et qui échappent ainsi au mal de vivre. Pauvres riches. Pauvres merdes peintes en doré. Riches cons prétentieux qui ne savent plus que faire la leçon, affolés qu'ils sont par la simplicité de la vie. Inventeurs tristes du malheur des foules.»
Evoquant ses vies, réelles ou fantasmées, Zu règle ses comptes avec son enfance savoyarde, son père, sa mère, ses femmes, les phénoménologues, les puissants de ce monde, la psychanalyse, la barbarie, les chiens et les propriétaires de 4 x 4. Et pose, bouddhiste sans le savoir, la seule vraie question qui sous-tend notre monde : comment vivre sa mort ?