La «question de la population» occupe dans la société française une place particulière qui trouve son origine dans la singularité de l'histoire démographique elle-même, marquée par une baisse exceptionnellement précoce de la fécondité ; sa rémanence est remarquable, alors même que, depuis longtemps déjà, la France suit un cheminement comparable à celui des grandes nations européennes et qu'elle occupe parmi elles une position moyenne.
L'établissement d'un diagnostic et d'un pronostic démo-économique impose, dans le cas français, de faire la part du rationnel et de l'émotionnel. L'inquiétude suscitée par les tendances démographiques récentes et par le vieillissement inéluctable qui en résulte à l'horizon du prochain siècle a contribué à l'émergence d'un paradigme catastrophiste qui recueille un assentiment quasi général. Il y a lieu de s'inquiéter, en effet : cette situation met en cause la survie même des nations et laisse envisager une autre fin de l'histoire. Mais il reste à démontrer que ce vieillissement, à terme cette diminution des effectifs sont de nature à affecter de façon significative les équilibres économiques, le niveau de vie et l'identité nationale.
Cet ouvrage n'épouse aucune thèse a priori ; il s'attache à mettre en perspective les évolutions démographiques, à apprécier la marge d'incertitude affectant les projections, à analyser les implications de ces changements, à s'interroger sur l'efficacité des politiques publiques qui auraient pour objectif les évolutions prévisibles.