Peter Straker peine à se rappeler clairement des conditions
dans lesquelles il a causé la mort de 78 personnes lorsque,
il y a vingt-quatre ans, son bimoteur s'est écrasé sur un
train de voyageurs. Il était ivre. Rongé par la culpabilité,
Straker, âgé d'une cinquantaine d'années, mène une vie
d'ermite dans un phare abandonné sur la côte du comté
de Devon, au Sud-Ouest de l'Angleterre. Complètement
reclus, il est hanté par ces 78 victimes, au point d'en
entendre les voix et de leur parler quotidiennement. Il
entreprend même de contacter leurs familles sous des
motifs fallacieux, comme pour se dévoiler et se repentir.
Mais l'arrivée de Imogen Doody, rogue et pleine d'amertume,
le force peu à peu à sortir de ce retrait du monde.
Abandonnée par son mari du jour au lendemain, elle aussi
a dû apprendre à vivre avec cette absence. Elle a hérité
d'une maison en ruine en bord de mer, non loin du phare
de Starker. Elle aura besoin d'aide pour la restaurer. C'est la
rencontre entre ces deux marginaux accablés par le malheur
que nous conte ce roman, une rencontre-choc qui leur
permettra de reconstruire leur vie.
Ce nouveau roman de Clare Morrall, dans lequel on retrouve
toute l'originalité de son premier roman, Couleurs, traite
habilement de la culpabilité et de la repentance dans un
style enlevé et plein d'humour.