Le roman d'espionnage, dont François Rivière raconte la genèse
dans sa préface, est né pendant la Grande Guerre. Les auteurs
réunis dans ce volume ont en commun d'avoir été, chacun à sa
manière, des acteurs de ce conflit. Anglais pour la plupart, ils se
sont imposés comme les maîtres incontestés d'un genre littéraire
encore naissant, dont l'un des pionniers fut aussi le Français Jean
Bommart, le créateur du «Poisson chinois», présent ici à travers
Le Train blindé n° 4.
Auteur prolifique, E. Phillips Oppenheim a consacré une
partie de son oeuvre à ce type de fiction. Ses héros, séduisants
agents secrets, aventurières sans scrupules et malfrats de haut
vol, évoluent dans l'univers des casinos, des hôtels de luxe et des
salons d'ambassade. Dans L'Imposteur, le suspense tient jusqu'au
bout à l'identité du héros : aristocrate anglais fréquentant les
milieux diplomatiques londoniens et berlinois ou agent secret
allemand jouant ce rôle pour mieux renseigner le Kaiser sur les
préparatifs du conflit ? L'Homme au Pied bot de Valentine Williams
met en scène un jeune agent secret britannique aux prises avec
le chef du service de renseignements allemand. Deux nouvelles
méconnues, l'une de Rudyard Kipling, Mary Postgate, l'autre
d'Arthur Conan Doyle, Plaidoirie pour un homme seul, restituent
l'atmosphère hallucinante de cette guerre telle qu'elle fut vécue
par la population d'outre-Manche.
Le seul témoignage de cette série est celui de Marthe McKenna,
une infirmière belge qui oeuvra pour les services secrets anglais
tout en travaillant officiellement pour les Allemands. Dans
Les Espions que j'ai connus, elle raconte les missions extrêmement
périlleuses qu'elle mena durant cette période.
Par leur force et leur authenticité, les récits choisis et présentés
par François Rivière nous entraînent dans les coulisses les plus
secrètes du premier conflit mondial.