«Mais où va donc Manuel Valls ? Est-il comme il l'affirme l'homme sincère d'une
gauche moderne et "réaliste", désireux d'adapter celle-ci aux réalités du XXIe siècle
et menant un combat culturel pour lui apprendre à gouverner dans la durée ? Juste un
redoutable communicant, à la méthode de surexposition médiatique éprouvée à l'ère
des tweets et des chaînes d'info en continu ? Ou plus prosaïquement un ambitieux
d'un cynisme forcené, prêt pour s'imposer à tous les opportunismes idéologiques,
jusqu'à l'abandon des idéaux les plus fondamentaux des socialistes ? Peu importe,
au fond, les moyens d'y parvenir. Pour Manuel Valls, seul compte l'objectif :
l'Élysée.
De la Place Beauvau au palais présidentiel, il n'y a que quelques mètres, mais un
océan politique. Délicate traversée en perspective. Le plan de navigation s'annonce
long et tortueux. Mais Manuel Valls, aux commandes de son go fast, appuie encore et
toujours sur l'accélérateur, persuadé que son allure effrénée le gardera des avanies
du temps.»