Présentation de l'éditeur
Dans quelle mesure l'infrastructure, dont est prisonnier le transport par voie ferrée, contribue-t-elle d'elle-même à l'obsolescence du chemin de fer pour les déplacements de personnes ? Les réseaux ferrés ont été conçus au XIXe siècle pour une technique de traction déterminée : la machine à vapeur. Les nouvelles lignes à grande vitesse sont-elles une complémentarité du réseau traditionnel ou plutôt leur substitut ? Voilà toute la desserte de l'espace européen par voie ferrée qui se pose.
Quatrième de couverture
Dans quelle mesure l'infrastructure - dont est prisonnier le transport par voie ferrée - contribue-t-elle d'elle-même à l'obsolescence du chemin de fer pour les déplacements de personnes ? Etienne Auphan développe une réflexion sur ce thème en comparant les trois réseaux ferrés britannique, français et fédéral allemand. Ces réseaux, en effet, ont été conçus au XIXe siècle pour une technique de traction déterminée : la machine à vapeur. Celle-ci s'avérant inapte à gravir les rampes élevées, les voies ferrées se sont implantées préférentiellement dans des sites plus favorables au nivellement qu'à la rectitude des tracés (notamment les vallées). De nos jours, dans le cadre concurrentiel reposant sur la primauté du temps de parcours, cette situation apparaît comme un facteur d'obsolescence. Les limites apportées par le tracé des voies ferrées sur les performances des chemins de fer sont demeurées imperceptibles tant que les possibilités techniques ne dépassaient pas le seuil imposé par le tracé. Mais il n'en est plus de même à partir du moment où la vitesse qu'autorisent désormais celles-ci ne permet plus l'utilisation des voies ferrées traditionnelles : les nouvelles techniques de traction ferroviaire exigent d'abord un tracé excluant les courbes de rayon courant, même au prix de fortes dénivelées. Dans ces conditions, les nouvelles lignes à grande vitesse peuvent-elles être considérées comme un frein à l'obsolescence des réseaux ferrés traditionnels, ou bien au contraire vont-elles l'accentuer par la mise en place d'un nouveau chemin de fer achevant la disparition des réseaux classiques ? Complémentarité ou substitution, telle est bien la question fondamentale pour la desserte de l'espace par voie ferrée. C'est donc toute la configuration fonctionnelle des territoires nationaux, c'est-à-dire la répartition des hommes et des activités dans l'espace européen, qui risque d'être très largement déterminée par la réponse que les responsables politiques donneront à cette question.