La mondialisation, l'immigration, les tensions identitaires, la
montée des conflits liés à des convictions religieuses peuvent
légitimement conduire à se demander : les religions sont-elles
facteurs de paix, comme elles le prétendent ? Ne représentent-elles
pas plutôt une menace ?
Nous sommes cependant en Europe à un moment historique
particulier : d'un côté le pouvoir politique, affaibli, préfère le
plus souvent être gestionnaire que visionnaire, laissant ainsi
la question du sens ouverte. De l'autre les religions, au moins
en nos pays, ont renoncé à toute prétention hégémonique, à
toute ingérence.
Les temps ne sont-ils pas mûrs pour un dialogue renouvelé
entre religions et sociétés ? Non pour une quelconque «reconquête»
mais pour un réel service du vivre ensemble ? Ceci impose,
de part et d'autre, des conditions pour qu'un dialogue
renouvelé et fécond entre religions et sociétés s'approfondisse
et soit fructueux.
C'est à avancer sur ce chemin que se sont attachés les 3500
participants de la 83e session des Semaines sociales de France
qui s'est tenue à Lyon en novembre 2008. La participation de
représentants des trois religions monothéistes et de 500 européens
de l'Est a donné à cette session un caractère tout à fait
exceptionnel.