Nous autres Occidentaux voyons l'islam méditerranéen régner sans partage sur les sociétés du Sud. Il lui fallut pourtant mille ans pour emporter graduellement l'adhésion des populations qui lui sont aujourd'hui acquises. Ce millénaire fut loin d'être une ère de coercition et de violences constantes. Ca et là, le christianisme et le judaïsme survécurent, prospérèrent même, mais chaque période de confrontation n'en fut pas moins prolongée par un regain de fondamentalisme musulman, puritanisme almohade après les premières victoires de la Reconquista espagnole, intransigeance mamelouke pendant les croisades, panislamisme du sultan Abdul-Hamid en riposte aux humiliations occidentales, montée d'un néofondamentalisme islamique après la création d'Israël : au terme d'une période de latence, donc, la réaction après l'action. Plus d'une fois, cependant, l'histoire montra qu'au déclin pouvait succéder le rebond. La rétraction que connaissent les chrétientés arabes depuis que l'Orient est divisé en nations pourrait bien n'être qu'une éclipse...