36, quai des Orfèvres. Adresse mythique. On s'est bien marrés avec les collègues. Et la passion était là pour faire oublier les mauvais jours, les planques interminables, les moments où ça défouraillait, les coups en vache de la pègre, et puis quelques histoires venues de l'intérieur de la police. Tout un programme !
Après un intermède dans le XVIe arrondissement où il lui faut aider Claude François à échapper à ses fans, Gérard quitte l'uniforme en 1968 pour intégrer en civil le 36, quai des Orfèvres. « Avec ton caractère de con et ta vue basse, lui a dit un supérieur, tu te feras moins chier à la PJ. » De fait, il est confronté à des affaires de braquage qui se terminent parfois dans le sang, mais il lui faut aussi savoir planquer longtemps et filocher.
En 1973, à cause d'une prise de bec avec le célèbre commissaire Ottavioli, il est muté à la Section autos de la Brigade de répression du banditisme. Ce qui semble d'abord une sanction se révèle être un poste clé car les délits de toute nature impliquent bien souvent l'emploi de véhicules volés. Le Marquis, comme l'appellent ses collègues, va donc remonter la piste des merguez (voitures maquillées) et autres farcies (nanties d'une fausse carte grise).
C'est avec une gouaille irrésistible que Gérard Billy nous raconte cet aspect méconnu de l'épopée du quai des Orfèvres et, au-delà, toute une carrière de flic parigot.