L'indépendance et l'impartialité des juges internationaux
constituent un sujet sensible, s'il en est, où la subjectivité des observateurs
peut rapidement se joindre à celle reprochée aux juges eux-mêmes. C'est
pourtant le défi retenu pour cet ouvrage qui permet de croiser les regards
de praticiens - de droit international et de droit interne - et d'universitaires.
Le thème peut paraître à la fois juridiquement précis - tous les textes à la
base des juridictions internationales prévoient d'encadrer l'indépendance
et l'impartialité de leurs juges - et fuyant : comment garantir une impartialité
dont la définition même est largement subjective ? De même, de quelle
indépendance et de quelle impartialité traite-t-on ? Celle du juge ou celle
de la juridiction ? Si l'intitulé démontre que l'orientation pointe la figure du
juge, le résultat prouve qu'il fut impossible de la séparer de la collégialité
de la juridiction. L'individu est certes au coeur du processus, mais la juridiction,
par son rattachement, ses objectifs ou son contentieux propre, formate
elle aussi cette indépendance et cette impartialité.
Le thème est riche et le présent ouvrage ne prétend pas à son épuisement,
mais il permet, grâce à la très grande qualité des participants et à
leur liberté de parole, de mieux comprendre un thème complexe qui n'a que
l'apparence de l'évidence.