Les yeux posés - Raymond Fages - poésie Raymond Fages, ou la fraternité. Tel est, me semble-t-il, le mot qui définit le mieux ce poète. Et ces « YEUX POSES » sur un monde qu'il sait impitoyable et dur sont les yeux de la tendresse. Raymond Fages, par la parole et par l'écriture, cherche à « mieux penser la terre » en n'acceptant, sur elle, ni race ni frontière. N'allons pas croire, pour autant, que notre poète soit un utopiste ou un rêveur. Par son activité professionnelle il sait, mieux que quiconque, ce que sont les hommes au travail et ce que l'on peut attendre d'eux. Il n'est dupe, ni de notre dualité, ni des nuances infinies de nos égoïsmes ; aussi exprime-t-il fortement cette « contradiction de l’être et de l’avoir ». Mais nommer la maladie, c'est déjà pouvoir la combattre. Voici donc un poète au sens le plus profond et le plus précis du mot : celui qui fait, qui agit. Raymond Fages chante simplement, loin des modes du langage, l'amour, la nature, la peine et la joie de vivre. Il exprime aussi, à travers les malaises et les vertus de notre humanisme, parfois avec une mâle vigueur, ce noyau solide qui existe en certains constructeurs de l'homme d'aujourd'hui ; le sens de la « responsabilité ». Le grand mérite de cette poésie est d'abord de nous tenir en éveil dans un monde qui. trop souvent, anesthésie. Cela aussi est la mission du poète. " Jean Orizet (Prix Max Jacob) Ouvrage en très bon état général / 84 pages / Editions Saint-Germain-des-Prés / 1977