Renaud organisait des fêtes. C'était là sa profession. Et son alibi. Amuserà " Brillant, actif, un peu dilettant, il a superbement réussi dans cet étrange métier, après avoir été industriel, et même romancier à ses heures perdues. Quadragénaire et divorcé, il mène une entreprise qui " vend du vent ", P.D.G. du plaisir des riches, qui se fuit dans une incessante activité. Il est de ceux dont on dit qu'ils ont tout pour être heureux.Mais ce lundi soir, exceptionnellement, Renaud n'a rien à faire. Il en est tout désemparé, comme perdu. Rentré chez lui, il ne lui reste plus que le téléphone pour relier au monde sa soudaine solitude. À qui se confier ? En quelques heures, cet " ami du Tout-Paris " découvre la vanité de la famille, des amitiés, des relations. Sa mère, engoncée dans son égoïsme, son associé, tout occupé de ses migraines, son ex-femme, écervelée, malade, ou Hélène, sa maîtresse, absente, à qui demander le secours d'une parole, d'un peu de vie et de chaleur ? Seul, un inconnu, dont il a formé par hasard le numéro, lui apporte la compréhension, l'intérêt qu'il cherche. Mais cette voix sans visage peut-elle suffire à ramener le calme dans cette nuit de chaos, au cours de laquelle Renaud a l'impression de se révéler à lui-même ?Jusqu'à l'aube, il poursuit sa quête : un ami, un autre, son père, Hélène, encore, qui n'est toujours pas làà D'un correspondant à l'autre, Renaud fait l'inventaire de sa vie, et sans le savoir il s'avance, les yeux ouverts, à la rencontre de son destin.Lucie Faure impose ici un nouveau personnage fraternel, vulnérable, à l'image de celui que nous sommes tous, aux petites heures du matin, quand la nuit ne porte plus conseil. Simple et fort, ce beau roman sans "littérature " ressemble à un cri de détresse, où l'on entend la voix vraie d'un écrivain."