Ce témoignage très personnel raconte à la fois un
parcours et une famille hors du commun. La carrière
diplomatique de Salomé Zourabichvili l'a conduite de
Rome à Bruxelles, en passant par Washington,
N'Djamena et New York, jusqu'à Tbilissi, où elle fut
d'abord ambassadeur de France. Fait exceptionnel,
elle est nommée en mars 2004 ministre des Affaires
étrangères par le président de la Géorgie en accord
avec le président Chirac. Salomé a la conviction qu'elle
avance sur un chemin où l'ont précédée ses ancêtres.
On découvre ainsi d'incroyables figures : Ivane
Zourabichvili, qui fit partie des personnalités marquantes
de l'indépendance géorgienne, ou Mekhi
Kedia, qui fut à l'origine de l'arrestation - de courte
durée - de Staline. On rencontre aussi une grand-tante
qui fut le modèle de la jeune Géorgienne du roman
d'Aragon, Les Cloches de Bâle, puis Nico, l'arrière-grand-père,
«le Victor Hugo géorgien», puis Olga, Maïa,
Agrippine, femmes aux vies brisées par l'exil, et bien
d'autres encore dont la mémoire hante Salomé. Ces
ombres tutélaires semblent avoir joué un rôle dans
l'accumulation de coïncidences qui ont présidé à son
retour en Géorgie. Ses ancêtres quittèrent leur pays,
chassés par l'armée russe et, clin d'oeil de l'histoire,
c'est Salomé qui eut à négocier le départ des troupes
russes de Géorgie...