Marina se rend au mariage de son petit-fils,
mais tout se mélange et se fissure dans son esprit.
Elle, qui a fui, quarante ans plus tôt, sa Russie
natale, était guide au musée de l'Ermitage, à
Saint-Pétersbourg. Elle se souvient de juin 1941 :
l'armée allemande pilonne la ville, les employés
du musée se terrent dans les caves. Ils remontent
parfois à la surface, la terreur au ventre, pour sauver les chefs-d'oeuvre
de l'Ermitage : sous le sifflement des bombes, on s'active, on
décroche et on emballe les Rembrandt, les Raphaël... On les expédie
loin de la guerre. Des éclaircies de calme et de silence viennent
ponctuer cette fin du monde. Entre rêves et décombres, Marina parcourt
alors les salles désertes du musée. Devant les cadres désormais
vides, elle apprend à ressusciter, par la parole, le regard et les élans
de la chair, les toiles disparues - et bien plus encore...
Roman de la joie et de la beauté qui subsistent au creux des heures
les plus noires d'une vie, Les Madones de Leningrad est un inoubliable
portrait de femme et un hymne incandescent aux pouvoirs
de l'art et de l'amour.