Depuis les débuts de l'humanité pensante, les hommes se sont posé la question de l'organisation de la société, de la nature du pouvoir politique qui les régissait et de leurs relations avec celui-ci. Ce sont les auteurs politiques grecs qui ont fondé la tradition dont nous sommes issus. Les pré-socratiques, Platon, Aristote, pour ne citer que les plus célèbres, ont si durablement marqué la réflexion de leurs successeurs au cours des siècles qu'ils constituent toujours une référence et font l'objet, aujourd'hui encore, de travaux importants. Les Romains, qui étaient surtout des administrateurs, des juristes et des militaires, ont apporté leur contribution à la pensée politique ; les réflexions sur le pouvoir républicain et la possible évolution vers la démocratie, les théories du Princeps et de l'Empire chrétien, tant en Occident qu'à Constantinople, ont servi d'exemples à ceux qui ont voulu, plus tard, restaurer l'Empire ou assurer la primauté politique du prétendu successeur de l'Empereur. La rapide expansion de l'Islam a bouleversé la situation des idéologies et l'équilibre des forces aux IX et Xe siècles et cette conception globale du monde garde toute sa vigueur aujourd'hui. Avec la Renaissance, on assiste à un changement important d'orientation : la politique se sépare de la morale, comme Machiavel le propose ; le pouvoir est limité par le respect des droits, notamment religieux des sujets, dont les monarchomaques se font les défenseurs. La Réforme divise la chrétienté et propose une autre version du pouvoir politique. L'absolutisme royal triomphe pour un temps mais il est déjà miné par la philosophie des Lumières qui conduit à la Révolution de 1789 et marque le début d'une nouvelle légitimité politique. Les œuvres les plus anciennes ne sont pas démodées et c'est dans ce fonds commun de la pensée jusqu'au XIXe siècle que se trouve l'origine de tous les débats actuels.