La globalisation entraîne avec elle une mutation profonde du
système social et du système de pouvoirs qui le structure. Toutes
les institutions sont affectées et le système juridique n'échappe
pas à cette évolution majeure.
Notre savoir établi sur le droit et le système juridique découle de
l'existence d'un système de pouvoirs organisé autour du concept
de souveraineté et d'État territorial. C'est ce «système des
États» qui structure le pouvoir et le savoir que l'on a sur lui depuis
au moins le XVIIe siècle. Et c'est ce système qui est remis en cause
par la globalisation. Un nouveau système de pouvoirs émerge -
le système global de pouvoirs - qui est composé d'institutions
disparates en relations de concurrence et de coopération. Il met
en jeu notamment les États, les organisations internationales
publiques, les ONG et les entreprises multinationales.
Les entreprises jouent un rôle majeur dans ce réordonnancement
du pouvoir. Le temps du monde de l'entreprise explicite leur
rôle et l'autonomie qu'elles ont acquise grâce à l'évolution
du droit des affaires que les États leur ont fourni. Il donne
des pistes pour penser leur nécessaire responsabilisation et
la constitutionnalisation de leur pouvoir.