Esquisse de la kabbale chrétienne
Parue en 1684, en conclusion de ce dernier grand monument
d'érudition de la kabbale chrétienne qu'est la Kabbala denudata,
l'Esquisse de la kabbale chrétienne, dont l'attribution reste
encore discutée, fait dialoguer un philosophe chrétien et un
kabbaliste. Reprenant et développant les principaux thèmes
mis en avant par les kabbalistes chrétiens qui l'ont précédé,
ce dialogue missionnaire se veut une démonstration, à l'aide
des méthodes et thèses de la kabbale juive, de la vérité du
christianisme, afin, non seulement, d'y amener les juifs, mais
aussi de reconduire les chrétiens divisés à l'unité profonde et
originaire de leur religion. Comme le montrent la présentation
et les notes, il entend démontrer, dans la ligne qui fut celle,
notamment, à la Renaissance, de Pic de la Mirandole et de
Reuchlin, et puisant aussi bien dans la Bible et les grands textes
du judaïsme et de l'Antiquité païenne, que chez les Pères de
l'Église et des penseurs médiévaux ou modernes, que le coeur
du judaïsme - la kabbale - est aussi celui du christianisme.
Cet ouvrage connut un grand succès et fut apprécié notamment
par John Locke et Henry More.