À côté de l'enfer, du paradis et de ce «troisième lieu» inventé par
le Moyen Âge qu'est le purgatoire, il existe un autre aspect de
l'au-delà qui participe de ces trois sphères et auquel on a donné
le nom d'«entre-mondes» : il s'agit à la fois d'un espace et d'un
temps qui appartiennent aux morts comme aux vivants, mais
aussi à des créatures au statut ambigu. Les différentes conceptions
de l'au-delà, qu'elles soient païennes ou chrétiennes, relevant
du monde celtique, grec, romain, voire même perse, apportent
chacune une manière originale d'envisager cet entre-deux. On y
trouve aussi d'extraordinaires coïncidences qui témoignent d'une
grande cohérence dans l'élaboration de l'imaginaire de l'au-delà
et de sa population.
Ainsi, une frontière perméable rend les échanges possibles, dans
le respect de certaines conditions : les contributions réunies
ici s'attachent principalement à son étude. On y apprend, par
exemple, que certains objets peuvent être d'utiles vecteurs, voire
les adjuvants, des aventuriers qui se hasardent dans ces sphères,
des objets très communs - comme un bâton ou un drap - qui
contribuent à rassurer l'âme des humains si prompte à s'effrayer
devant cette frontière qu'elle croit absolue ; ils l'aident alors à
apprivoiser cet inquiétant ailleurs...