Pour ne pas enfermer le roman dans les références
scolaires en perte d'autorité - existentialisme plus ou
moins engagé, nouveau roman et autres subversions
narratives, littérature autobiographique ou autofictionnelle
-, Les Chemins buissonniers du roman parcourent
l'histoire littéraire des années 1950 à nos jours
selon un itinéraire de curiosité : de quelques auteurs
méconnus, voire oubliés, aux «sous-genres» (policier,
érotique, fantastique, science-fiction) méprisés par
l'Institution en passant par les non-conformistes milieu
et fin-de-siècle. C'est, en quelque sorte, une petite
proposition pour une bibliothèque à l'usage de
l'honnête homme de notre temps.
Ces chemins sont balisés par des entretiens avec
trois écrivains de trois générations différentes : Michel
Déon, le dernier des hussards, représente la promotion
d'après-guerre ; Denis Tillinac est devenu majeur
en mai 1968, mais il n'a pas aimé cette fête ; Benoît
Duteurtre est l'enfant d'«après l'histoire» - comme
disait son ami Philippe Muray -, l'historien de nos
dérives contemporaines.